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Maurice DELORT est né en 1911
à Vic sur Cère ; après ses études de médecine, il reprend la
vocation de son père décédé en 1918 des suites de blessure
de guerre : le petit-fils de ce dernier et fils de Maurice
DELORT continue la tradition et c’est par lui que l’on
connaîtra le mieux l’esprit pionnier du médecin de montagnes
qu’était Maurice DELORT.
Exercer en effet le métier
d’Esculape sur le haut plateau du Carladès vicois, à 1000 m
d’altitude en hiver était impossible par les moyens
traditionnels de déplacements ; c’est alors qu’a été adopté
un précieux auxiliaire avec les chiens de traîneau. Cette
vocation est parvenue à Maurice DELORT
quand il fut mobilisé en 1939-1940 ; il était accompagné par la chienne
samoyède ISBA.
Maurice DELORT avoue
que «la médaille militaire qui lui a été affectée méritait
autant à son chien qu’à lui-même».
Pierre DELORT, son fils,
expose les races de chiens nordiques : les Samoyèdes, les
esquimaux du Groënland, les Malamutes de l’Alaska, les Husky
de Sibérie ; puis les pionniers des pôles sont évoqués :
AMUNDSEN, PEARRY, SCOTT, SCHACKLETON… la
plupart utilisaient des chiens.
En 1947 et à Vic sur Cère,
Maurice DELORT réalisa
un premier essai avec un attelage samoyède dont le chien
VOUKY, fidèle compagnon dans la 2 CV, tirant le traîneau
lorsque la voiture ne pouvait plus avancer, attendant
patiemment le Docteur qui faisait sa consultation ; il
était même admis dans la maison familiale. Ce premier
attelage se révéla cependant trop faible, et c’est Paul-Emile VICTOR, le
célèbre explorateur que le Médecin de Vic sur Cère avait
connu avant guerre grâce au scoutisme, qui lui offrit deux
chiens venant de Terre Adélie appelés BJORN et YFAU,
que les enfants du Docteur sont allés chercher à Marseille ;
ces braves bêtes eurent d’ailleurs ici de la descendance !
C’est ainsi que le Docteur
parcourait les plateaux enneigés ; le téléphone n’était pas
généralisé et sur son passage, un tissu blanc accroché à une
chaise indiquait qu’un patient attendait ses services. Le
Docteur s’arrêtait alors et demandait à la maison toute
proche où était le malade ; il pouvait s’agir d’un enfant,
d’un accouchement, du vieux vacher en difficulté…..
Vers le milieu des années
1960, la neige était moins abondante, les moyens de
déplacements plus efficaces et l’utilité des chiens était
moins évidente ; les sacrifier était hors de question et
c’est alors qu’ils furent remis à une expédition belge ;
Maurice DELORT les avait reçus en cadeau, il se fit un
devoir de les restituer de la même façon.
Maurice DELORT est décédé
accidentellement à Clermont-Ferrand en 1971. Hommage lui a
été rendu par une série de conférences avec projection d’un
film et par une plaquette explicitant la carrière hors du
commun du médecin des neiges de Vic sur Cère.
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