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ANTONIN DUSSERRE : 1865-1927
Antonin DUSSERRE est né à Carbonat d’une famille humble
; il a fréquenté l’école d’Arpajon et il étudiait en même temps
qu’il gardait le troupeau familial. En 1887, après avoir étudié des
langues étrangères et appris «la Belle Héloïse», il décide d’écrire.
Ses textes seront publiés dans les revues locales (la Cabretta, la
Musette,…) en prose et en vers, en français et en occitan.
Il rencontre Marguerite AUDOUX, écrivain, qui a passé des vacances à
Carbonat en 1911 ; l’année suivante, elle le prend en charge à Paris
et lui trouve un éditeur en Angleterre pour son roman «Jean et
Louise», qui connaîtra un grand succès, sera publié dans
l’Illustration en 1913, chez Calman-Levy en 1914. Les sœurs
Danglard, le Tocsin sur la vallée, seront d’autres succès de
DUSSERRE. Il publiera aussi «una
famusa pascada», «le départ de l’émigrant», «l’inutile appel d’un
grand’père » …
Sa vue est fragilisée par la perte d’un œil survenue en 1902 en
élaguant un tertre ; plus tard, la cécité le laissera quasiment sans
ressources et ses amis écrivains locaux organiseront alors des
soirées pour lui venir en aide ; il est décédé chez sa sœur en 1927.
En 1937, l’Escolo Oubernhato et la Municipalité inaugureront une
plaque à la mémoire d’Antonin
DUSSERRE, écrivain, félibre et paysan de Carbonat. En 1963,
une rue d’Arpajon sur Cère portera son nom, et en février 1997, Mr
Noël LAFON, président de
l’association «Lou Couvise», animera une conférence à sa mémoire. Le
texte de son exposé apparaît dans les 3 numéros de printemps, été et
automne de la Revue Lou Couvise qu’il dirige.
JEAN
ET LOUISE
LE ROMAN D’ANTONIN DUSSERRE
Le roman a été écrit en
1903 mais édité en Angleterre en 1913, sur les insistances de
Marguerite AUDOUX, écrivain
elle-même ; l’ouvrage a ensuite été traduit en français dans la
revue «l’Illustration».
La scène se passe dans un village d’Auvergne traversé par un
ruisseau, au pied du Puy Redon. Deux familles rivales habitent ici :
les PAULHAC avec leur fils
Jean et leurs deux filles ; les
CARRIER avec leur fille Marthe et leur fille adoptive Louise…
Jean était destiné à
poursuivre de hautes études, mais son goût pour l’agriculture et la
campagne fut le plus fort ; un jour de septembre, un accident
effroyable fit basculer sa vie ; lors des battages, son avant-bras
gauche fut happé par la machine et le malheureux dut être amputé.
En gardant le troupeau, il rencontra Louise et petit à petit
l’idylle se noua entre les deux jeunes gens ; plus tard, Louise fut
enceinte. Le père PAULHAC,
très autoritaire par nature prit mal l’événement et, Victorine, la
fille aînée fut jalouse. Malgré les conseils de modération de sa
plus jeune sœur Julie les scènes de provocation se succèdent. Par un
jour d’hiver, Victorine pousse la malheureuse Louise dans l’eau
glacée du ruisseau. Ce sera alors l’épilogue de la tragédie…
Mr VOLPILHAC qui fut
professeur agrégé au Lycée Emile Ducaux à Aurillac rapproche Antonin
DUSSERRE de Georges
SAND et de Guy de
MAUPASSANT…
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